Protectionnisme

Les partisans du protectionnisme économique prétendent que le retour aux droits de douane sur les produits importés favoriserait les entreprises qui produisent en France et que l’emploi serait ainsi protégé. C’est une tromperie : le protectionnisme ne protège que les capitalistes, pas les travailleurs !

Ces taxes aux frontières se répercuteront sur les prix de toutes les marchandises importées, et ce sont donc les classes populaires qui le paieront par une diminution de leur pouvoir d’achat.

Une telle politique servira peut-être une partie des patrons français, mais ils ne cesseront pas pour autant de supprimer des emplois si cela peut leur permettre d’augmenter encore davantage leurs profits. Faire croire aux travailleurs que leur emploi et leur salaire doivent dépendre des bons résultats de leur entreprise, c’est le mensonge habituel des patrons pour masquer le fait qu’ils se réservent toujours les profits, pendant qu’ils imposent toujours plus de sacrifices aux travailleurs.

Et que signifie la « protection de l’industrie française » pour les ouvriers qui travaillent dans l’usine Toyota près de Valenciennes ? Si le groupe ferroviaire Bombardier est canadien, sa principale usine en Europe est implantée dans le nord de la France. Que deviendraient les deux millions de salariés, un sur huit, qui travaillent en France dans des entreprises étrangères, si le protectionnisme se généralisait et si chaque pays rapatriait la production dans ses frontières nationales ?

Pour les travailleurs, accepter d’être divisés en fonction de la nationalité de leur patron, cela revient à accepter d’être de la chair à exploiter dans la guerre économique que se livrent les capitalistes.

Les frontières, c’est l’arme des patrons pour diviser les travailleurs. Au nationalisme prôné par la bourgeoisie et ses porte-parole, les travailleurs doivent opposer les valeurs qui ont toujours été celles du mouvement ouvrier, la solidarité et l’internationalisme. En étant unis, par-delà les frontières de leur entreprise et de leur pays, ils pourront représenter une force capable de se faire craindre du patronat et de mettre fin à la catastrophe sociale qui menace d’emporter toute la société.